Médiums liants solvants adjuvants

Utiliser la peinture à l’huile sortie du tube est toujours possible, mais le plus souvent nous aurons besoin d’un médium à peindre pour en ajuster la consistance.

Le plus simple des médiums à peindre est simplement un mélange d’huile de lin et d’essence de térébenthine. On ajustera las proportions d’huile et d’essence pour obtenir un médium plus ou moins maigre ou gras afin de respecter la règle  » gras sur maigre « . Un bon médium incorporera aussi une résine.

Voir plus bas les recettes de médiums à peindre


Le diluants :

WHITE-SPIRIT Le white-spirit, Ou l’essence de pétrole, est le produit de la distillation de l’huile de pétrole brut. Le white-spirit à usage domestique n’est pas indiqué pour diluer la peinture à l’huile. Le liquide contient trop d’impuretés toxiques.
Le white-spirit est un produit volatil et s’évapore légèrement plus vite que l’essence de térébenthine. Il diminue la consistance de la peinture, la rend plus maigre et ne résine pas. Le white-spirit ne dissout pas toutes les variétés de résines.
Le white-spirit sert de diluant dans la sous-couche maigre ou encore au nettoyage des pinceaux.

ESSENCE DE TÉRÉBENTHINE L’essence de térébenthine rectifiée ou l’huile de térébenthine s’obtient en distillant la sève résineuse des pins. L’huile de térébenthine s’évapore en ne laissant qu’une trace de colophane sous l’influence de la lumière et de la chaleur. Gardez au frais. La térébenthine résineuse ne peut pas servir de diluant à la peinture à l’huile car la résine ne sèche pas complètement. Le liquide peut éventuellement servir à nettoyer vos pinceaux à condition de les laver ensuite au savon doux et de les rincer à l’eau tiède.
L’essence de térébenthine diminue la consistance de la peinture à l’huile et la rend plus maigre. C’est le solvant par excellence pour la peinture, les vernis et les médiums. Les résines sont solubles dans la térébenthine. Elle peut servir de diluant à la sous-couche maigre et aux premières couches intermédiaires.
Faire usage d’huiles pures pour diluer la peinture à l’huile requiert une grande habileté et expérience professionnelle, mais nous vous donnons le tableau explicatif des variétés d’huiles à titre d’information.
On se sert d’huiles pour la fabrication de la peinture à l’huile et des médiums.


LA TÉRÉBENTHINE DE VENISE provient d’un mélèze (larix decidua) qui pousse dans les montagnes d’Europe centrale. La résine se trouve au coeur du tronc et l’on doit forer profondément pour la prélever. C’est un liquide résineux lourd et épais dont l’odeur est caractéristique. Les artistes ont préféré la variété jaune pâle mais moins visqueuse. Elle peut être employée dans la peinture à l’huile en médium mais elle en retarde le séchage. Elle n’est pas adaptée en vernis final car elle craquèle en séchant. Elle reste très soluble à l’essence de térébenthine.


Les huiles :

HUILE DE LIN

Tirée des graines du lin, l’huile de lin est la variété la plus ancienne qui s’applique à la fabrication de la peinture. Au 16e siècle déjà, l’huile de lin servait à fabriquer la peinture à l’huile.
On la soumet à un raffinage pour la débarrasser de ses micelles. C’est cette huile rectifiée entre autres qui sert à fabriquer la peinture à l’huile. Aujourd’hui, l’huile d’oeillette a pris le relais.
On reproche à l’huile de lin de jaunir davantage au séchage lorsqu’elle se trouve privée de lumière. Une simple exposition un peu prolongée à la lumière du jour suffit pour faire recouvrer à un tableau jauni sa coloration primitive.
L’huile de lin raffinée (huile de lin rectifiée) ralentit le séchage. Le trait de pinceau s’efface.
L’addition d’une quantité trop élevée de diluant augmente le risque de brûlure et de jaunissement. N’utilisez donc jamais l’huile de lin à l’état pur, mais mélangée à de l’essence de térébenthine ou du white-spirit, le résultat sera satisfaisant: vous obtiendrez un médium pas trop gras. Pour les préparations, vous pourrez consulter des ouvrages spécialisés.
Huile de lin décolorée On peut décolorer l’huile de lin, mais avec le temps elle revient invariablement à sa couleur jaune pâle primitive. Possède les mêmes qualités que l’huile de lin rectifiée non décolorée.
Huile de lin cuite C’est une huile rectifiée, chauffée à 100-250°C, qui accélère le séchage de la peinture après l’addition d’huiles siccatives. La résultante est une huile plus foncée et moins grasse que l’huile de lin purifiée et décolorée.
Elle est moins sensible aux agents atmosphériques. Ne pas ajouter des siccatifs supplémentaires, cela déséquilibrerait la composition. La seule différence est qu’elle raccourcit le temps de séchage.
L’huile de lin est plus siccative que toutes les autres huiles à peindre. Toutes les huiles de lin précitées se diluent avec de l’essence de térébenthine ou du white-spirit. Les pinceaux qui contiennent cette huile peuvent se nettoyer avec ces deux essences.
Les connaisseurs parlent également d’huile de lin crue. Il s’agit d’huile rectifiée. L’huile de lin crue est une préparation qui date du 16e siècle: les graines de lin étaient broyées. La qualité de l’huile obtenue n’était cependant pas constante et fut remplacée par l’huile de lin rectifiée.

HUILE DE LIN POLYMÉRISÉE

L’huile de lin polymérisée ou standolie est une huile de lin améliorée qui est chauffée à 300°C. Elle est moins sensible à l’oxydation, par conséquent, elle sèche lentement.
L’huile de lin polymérisée est plus grasse. Evitez donc de l’utiliser pour les premières couches de peinture.
C’est une huile transparente et le risque de brûlure est très faible. Elle diminue la consistance de la peinture et permet d’étaler la peinture. Elle donne un film de peinture résistant et flexible après séchage. L’emploi de l’huile est indiqué pour le glacis.
L’huile se dilue à l’essence de térébenthine ou au white-spirit, qui servent aussi à nettoyer les pinceaux.

HUILE D’OEILLETTE

L’huile d’oeillette est tirée des graines du pavot. Elle est raffinée après le premier broyage et date également du 16e siècle. L’huile d’oeillette est pratiquement incolore et non jaunissante. Elle a un séchage moins rapide que celui de l’huile de lin et le film de peinture obtenu est moins résistant. Elle a une moindre propension à la brûlure. On l’emploie de préférence pour les blancs et les tons clairs parce qu’elle jaunit moins que l’huile de lin. L’huile d’oeillette augmente la brillance. L’essence de térébenthine ou le white-spirit servent à la diluer, et à nettoyer les pinceaux.

HUILE DE CARTHAME

L’huile de carthame est d’un emploi plus récent et moins chère que l’huile d’oeillette.
Elle est tirée des graines du carthame et est claire. L’huile de carthame ressemble à l’huile d’oeillette. Peut se diluer à l’essence de térébenthine ou au white-spirit. Les pinceaux se nettoient aux deux essences.


Les résines

Elles sont des sécrétions végétales ou animales, solides ou plastiques, insolubles dans l’eau. Ces substances sont un mélange d’espèces chimiques très variées, le plus souvent solubles dans les solvants hydrocarbures aromatiques.
Parmi les résines à structure terpénique on citera :
— la résine damar
— la résine mastic
— la sandaraque
— l’ambre
— la colophane
— les élemis
— les copals.

Leur fonction dans la peinture est indispensable. Elles servent à la fabrication de vernis, de médiums et d’émulsions. Les propriétés exigent qu’elles soient incolores, transparentes, souples. Parmi elles nous avons choisi deux résines : la résine damar et la résine mastic.

LA RÉSINE DAMAR :

elle provient des arbres dé la famille des diptérocarpacées que l’on trouve depuis la Nouvelle-Zélande jusqu’aux Philippines. (Selon leur port d’origine elles ont le nom de Batavia ou Singapour). Elle se présente sous forme de masses arrondies et de couleur jaune pâle. Elle est soluble dans l’alcool, l’éther, l’essence de térébenthine et le white-spirit, se ramollit à 60°C et fond à 150°C. Elle est utilisée dans la fabrication des vernis. Il est conseillé de dissoudre la résine dans un solvant tiède qui la rend plus transparente. L’addition d’alcool provoque la précipitation de résidus cireux. La résine damar a un pouvoir adhésif, c’est pourquoi on la mélange à la cire pour en améliorer son pouvoir collant. Elle a une faible acidité par rapport aux autres résines. La damar a les qualités de transparence et de brillance nécessaires, mais ces films sont tendres et peu résistants. Au cours du vieillissement, elle a tendance à jaunir et devient moins soluble. Elle peut avoir une tendance au blanchiment et au bleuissement au contact de l’humidité. On conseillera de fabriquer le vernis à chaud pour éliminer l’humidité et vernir dans une pièce chauffée.

LA RÉSINE MASTIC :

elle est fournie par le pistachier lentisque de la famille des anacardiacées, répandu le long des côtes méditerranéennes. Elle est surtout récoltée dans l’île de Chios en Grèce, où l’on trouve la meilleure qualité. Le mastic est soluble dans les hydrocarbures aromatiques et comme pour la damar, l’addition d’alcool provoque la précipitation de cire.
Elle se ramollit à 90 ° C et fond à 105°C.
Ses films sont brillants et souples mais manquent de dureté. En vieillissant elle devient moins soluble.


Fabriquer son vernis Damar

Broyer 200 g de résine . On trouve de la résine déjà en poudre dans les magasins beaux arts…. Placer ensuite la poudre dans des bas usagés, bien ficelés. Les mettre dans un bocal. Ajouter 0,5 litre d’essence de térébenthine . Laisser la résine se dissoudre dans l’essence pendant 1 semaine.

Retirer les sachets – il est possible que quelques morceaux durs et insolubles soient restés à l’intérieur.
Si un dépôt cireux s’est formé au fond du bocal, ne pas le remuer et le transvaser dans un autre bocal.


Les siccatifs

Les siccatifs permettent d’augmenter la siccativité des médiums.

Les siccatifs ne s’emploient qu’avec les couleurs à l’huile, les liants et les médiums à base d’huile. Les huiles sèchent et durcissent  par oxydation. C’est donc la partie supérieure des peintures, en contact avec l’oxygène de l’air, qui durcit la première. Une peau se forme sur la surface, isolant de l’air le reste de la couche et l’empêchant de sécher. En ajoutant une certaine quantité de siccatif, on rétablit l’équilibre nécessaire entre la couche supérieure et la couche profonde.
Aujourd’hui les produits beaux-arts sont soigneusement contrôlés et préparés en laboratoire. Les huiles, les peintures à l’huile et les médiums à peindre sont dotés d’un pouvoir siccatif très équilibré. Il n’est donc pas nécessaire de leur ajouter de siccatif, sauf pour des raisons bien précises. L’emploi de siccatifs est par contre recommandé lorsqu’on fait soi-même ses préparations en atelier.

On les classe selon les sels entrant dans leur préparation.

Les siccatifs à base de plomb. Le siccatif de Courtrai* blanc ou clair est le plus connu. Transparent comme de l’eau, il s’ajoute aux couleurs claires. On doit l’employer à raison d’une goutte pour une noix de couleur, soit 1 g de siccatif pour 20 g de couleur, de pigment ou de liant. Il faut respecter ces proportions extrêmes, sinon il risque de noircir les couleurs.

Les siccatifs à base de sels de plomb et de manganèse. Appelés siccatifs de Courtrai* bruns, ils s’utilisent de préférence avec les couleurs foncées. Ce sont les plus siccatifs. Il convient de les utiliser à raison de 1 g pour 25 à 50 g de couleur.

Les siccatifs au cobalt. Ils doivent être utilisés avec une extrême prudence. On ne doit jamais dépasser la dose de 0,1 à 0,5 g pour 100 g de produit. Pour le broyage des pigments purs, les doses doivent être réglées selon les couleurs. Certains fabricants possèdent des tables donnant les proportions de siccatif au cobalt pour chaque pigment. On se renseignera donc utilement auprès d’eux.

Les médiums siccatifs. Pour les artistes qui souhaitent un séchage contrôlé et plus rapide que celui obtenu en utilisant des huiles diluées dans des essences, il existe des médiums tout prêts qui se mélangent aux couleurs ou s’utilisent comme vernis final ou encore comme médium à peindre. Ils portent des noms qui varient selon les fabricants. Les formules les plus connues sont le siccatif flamand* peu concentré en résine copal et le siccatif de Harlem* plus chargé en résine copal.


Recettes de médiums à peindre

Les médiums sont composés de quatre ingrédients de base :

  • de l’huile
  • du solvant
  • du vernis, vernis damar par exemple
  • du siccatif
Recette simple sans vernis :
  • 1/3 de standoline de lin
  • 2/3 d’ essence de térébenthine
Recette avec vernis :
  • 1 part de standoline de lin
  • 1 part de vernis damar
  • 3 parts d’essence de térébenthine
  • quelques gouttes de siccatif ( 5% maxi)

le vernis damar donne plus de profondeur aux couleurs

Voir ici comment fabriquer le vernis damar. On peut aussi l’acheter tout fait…

 

Voici une vidéo intéressante sur le sujet :